C’est quoi le règlement (CE) 1946/2006?


Pourquoi un aliment a-t-il le droit d’être appelé “source de protéines” ou “riche en fibres” ? Derrière ces simples mots se cache un cadre juridique précis : le règlement (CE) n° 1924/2006 du Parlement européen et du Conseil, et son équivalent suisse. Ces textes définissent ce qu’on peut légalement dire sur les aliments que nous consommons — et, par extension, sur ceux qu’on apprend à mieux connaître en jouant à NUTRINO.


CE 1924/2006 : Le socle européen des allégations nutritionnelles

Adopté en décembre 2006, ce règlement encadre les allégations nutritionnelles (ex. : “riche en fer”, “pauvre en sel”) et de santé (ex. : “contribue au fonctionnement normal du système immunitaire”).

Il repose sur trois grands principes :

  1. Protection des consommateurs : éviter les messages trompeurs ou exagérés.
  2. Harmonisation du marché intérieur : établir des critères communs pour tous les pays de l’Union européenne.
  3. Basé sur les preuves : toute allégation doit être scientifiquement validée.

Par exemple :

  • Un aliment peut être qualifié de “source de protéines” s’il contient au moins 12 % de ses calories provenant des protéines.
  • Il est “riche en fibres” s’il en contient au moins 6 g pour 100 g, ou 3 g pour 100 kcal.

Ce sont ces seuils que NUTRINO utilise pour classer ses cartes : vert pour les fibres, bleu pour les protéines, jaune pour les lipides, rouge pour les glucides. Chaque carte représente une source avérée, selon la législation européenne en vigueur.


Et en Suisse ?

La Suisse n’est pas membre de l’UE, mais elle adopte de nombreuses normes européennes pour faciliter le commerce et protéger les consommateurs. En matière d’allégations nutritionnelles et de santé, la Suisse suit les ordonnances du DFI (Département fédéral de l’intérieur), notamment :

  • Ordonnance sur les denrées alimentaires et les objets usuels (ODAlOUs)
  • Ordonnance sur les allégations nutritionnelles et de santé portées sur les denrées alimentaires (OADAl)

L’OADAl s’aligne presque entièrement sur le règlement CE 1924/2006. Cela signifie que les mêmes règles s’appliquent à un yaourt vendu à Lausanne ou à Lyon.


Pourquoi est-ce important pour NUTRINO ?

Le jeu NUTRINO n’est pas un simple outil pédagogique : il s’appuie sur des critères scientifiques et réglementaires pour classer les aliments. Cela garantit que :

  • Les enfants (et les parents !) apprennent des informations correctes.
  • Les catégories nutritionnelles ne sont pas arbitraires.
  • Le jeu respecte un cadre cohérent avec les standards suisses et européens.

Prenons l’exemple de la carte “Amandes” (jaune, lipides) : les amandes sont effectivement riches en graisses, dont une majorité sont des acides gras insaturés bénéfiques. Elles dépassent largement les 20 % de lipides requis pour être qualifiées de “source de matières grasses”.


Et les glucides ? Une particularité de NUTRINO

Contrairement aux autres nutriments, il n’existe pas de seuil officiel en Europe ou en Suisse pour dire qu’un aliment est “source de glucides”. Le jeu NUTRINO a donc défini un seuil pratique de 10 g pour 100 g, basé sur la densité nutritionnelle moyenne et la lisibilité pour les enfants. C’est une décision pédagogique, mais toujours alignée sur la réalité des tables nutritionnelles. De plus, les aliments sont rangés par ordre d’indice glycémique croissant.


Conclusion : jouer, apprendre, comprendre

Grâce à NUTRINO, les enfants découvrent non seulement la nutrition, mais aussi les règles qui encadrent ce qu’on peut dire sur les aliments. Ils développent une conscience critique face aux messages marketing, apprennent à lire les étiquettes, et intègrent les bases d’une alimentation équilibrée.

Comme le dit si bien l’inventeur du jeu, Matthias Vanoni : “Nutrino n’est pas une solution miracle, mais une porte d’entrée ludique vers un sujet essentiel.” Et cette porte, elle repose sur des bases solides — y compris juridiques.

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